Je vous en déjà touché un mot dans mes précédents billets mais je vais un peu développer ce sujet ici.
Comme je l'ai déjà dit, je suis étudiant à l'
Institut Gramme afin de devenir Ingénieur Industriel. Arrivé en quatrième et dernière année (je précise au passage que suite à la réforme de Bologne, les études sont maintenant passées à 5 ans mais je fais partie de la dernière année du cycle à 4 ans), je suis donc amené à effectuer un travail de fin d'études (TFE pour les intimes).
Pour ma part, celui-ci est la continuation du stage en entreprise que nous avons du effectué en fin de troisième année (pendant les vacances scolaires pour être précis). J'ai l'immense chance de pouvoir travailler dans une entreprise dynamique sur un sujet qui m'intéresse particulièrement. Je réalise donc mon TFE pour le compte de
BEA. BEA est une société d'origine belge mais active sur le plan international dans le secteur de la détection des personnes et des véhicules. Ses réalisations les plus connues sont les capteurs pour l'ouverture des portes automatiques piétonnes. Je pense d'ailleurs que vous avez tous, si pas vu, au moins été "détecté" par un de leur capteur. Celui que vous rencontrez sans aucun doute le plus souvent est l'Eagle dont voici la photo :

Radar Eagle-One
Vous pouvez en trouver dans votre supermarché ou votre galerie commerçante (il y en a à Belle-Ile à Liège), à l'entrée de certains hôtels (notamment à l'Hôtel New-York à Disneyland Resort Paris) ou encore dans les aéroports, les hôpitaux,... Ce détecteur est basé sur la technologie radar hyperfréquence et l'effet Doppler. De nombreux autres détecteurs existent et sont mis sur le marché mais c'est principalement sur celui-là que je vais travailler. Peut-être qu'un jour on retrouvera une partie de mon travail (ou du moins de mes idées) dans ce détecteur...
Pour finir la présentation de BEA, il est important de dire que c'est une société reconnue pour ses qualités de pionnières et d'innovation permanente. Elle est présente dans le monde entier à travers ses filiales en Chine, aux Etats-Unis et au Japon. BEA est également reconnue comme leader dans le secteur de la détection pour portes automatiques mais reste cependant une société humaine au service des autres.

Les locaux de BEA à Liège (Angleur), Belgique
Une fois la petite publicité terminée (mais c'est de bonne foi tellement je suis impressionné par la qualité et la technologie de pointe de ses produits ), je vais tenter de vous expliquer grossièrement en quoi consiste mon travail de fin d'études. Comme vous le savez, lorsque vous approchez d'une porte automatique, celle-ci s'ouvre afin de vous laisser entrer. Le capteur radar détecte en effet un mouvement dans sa zone de détection. Cependant, cette détection a des limites. En effet, le radar ne fait que détecter un mouvement dans sa zone (enfin, c'est un peu plus complexe mais le principe général est là) et une fois qu'il a repéré ce mouvement, il envoie un signal d'ouverture des portes.
Le but de mon travail est d'améliorer la détection en tentant de classifier les cibles selon leur vitesse d'approche et leur taille. Par taille, il faut comprendre que l'on cherche à savoir quelle ouverture de porte serait nécessaire. Par exemple, si vous arrivez seul, il n'est pas obligatoire d'ouvrir les portes sur 4 mètres de large. Par contre, si c'est un groupe qui arrive, il sera sans doute préférable d'offrir une grande amplitude d'ouverture. La classification des vitesses permettra quant à elle d'accélérer ou de retarder l'ouverture de la porte. En effet, vous en avez peut-être déjà fait l'expérience, que l'on s'approche lentement ou rapidement de la porte, le signal envoyé est le même, ce qui a pour inconvénient que si vous marchez vite vous serez devant la porte alors que celle-ci ne sera pas encore ouverte. A contrario, si vous marchez lentement, la porte restera ouverte longtemps, ce qui risque causera des pertes d'énergie.
Bref, le but de la discriminations des cibles est une gestion intelligente de l'ouverture des portes afin d'économiser l'énergie tout en offrant un plus grand confort d'utilisation.
Mon travail est donc un travail de recherche (je le réalise d'ailleurs au sein du bureau de Recherches et Développement). Il consiste en l'analyse des signaux Doppler reçus par le radar hyperfréquence via les procédés de traitement du signal. Je travaille pour cela avec le logiciel MatLab et une base de données de signaux que j'ai moi-même constituée par de nombreux essais. Ce travail me permet de découvrir de nombreuses choses (traitement du signal, technologie radar,...) et laisse une grande place à l'imagination et à la créativité tout en reposant sur des bases théoriques concrètes.
Et en guise de conclusion, je n'aurai qu'une chose à dire : J'adore ce que je fais !